
Jean Jacques André
I.
La tempête s’ouvre sur la neige,
les cloches sonnent,
les heures se vannent et notre porte dort
après l’orage
après c’était toujours plus doux,
plus sauvage et doux,
tes seins à fleur fourrure.
II.
Cauchemar crâne, ciel et langue,
de son visage Verdi elle écartait le fantôme
fermant fanés les yeux pour mieux voir,
mieux miroir et l’œil mariage,
la vie est théâtre – l’iris des songes
car nous pouvons toujours mourir mime
Avec toi je meurs merveilleusement,
en inventant d’autres premières fois
et peur pantin,
alors elle s’est exprimée grâce dans une saveur
qui n’existe pas,
sur ma langue une sèche scène,
qui s’orchestre d’or :
Reste.
III.
Quand toute en cirque, neuve France,
chantant baroque et voque,
dans la nuit virus tu m’accompagnes,
échappant à la vie qu’on ne drame
de tes cuisses l’ombre les reins miraculeux,
Puis c’était un baiser que la nuit évoque
puis c’était une feuille ocre, toute morte,
c’était ma main sur la bouteille
ton cœur diadème,
et sur toi, ma belle, peau porto et suicide,
ta voix qui s’ouvrait Callas
de jouissance s’enivre comme un astre,
le rêve mime le rêve et tes mains nues
sur mon cœur le tien
de battre de battre nos cœurs ensemble
se battent à mains nues
IV.
J’ai échappé mon gant, dit-elle,
Un gant grand de noir, joue joug,
le jeu est un songe vrai,
Je suis à la recherche du gant perdu,
de sa voix flamande et flamenco,
elle parlait en signes sophistes et
sophistiqués.
Je n’ai pas le temps de le retrouver,
dis-je.

Jean Jacques André
V.
Ta bouche songeuse comme un cerveau agrandi
tout cet opium qui nous ronge fortunés,
que nous fumions fraises et ogive,
lisiblement et oh! vive,
les seringues sommeils, Joy Division,
tes reins à travers lesquels l’aube,
sur tes seins olives mes mains
ensemble salive,
sur ta vertige peau de vaccin,
toi la seule que j’entends,
que j’entends buvant voguant
comme une sirène de police
comme une usine d’orgasmes geints
amorosa et orthographe,
de la codéine nos cœurs astreints
Ton gémir est un orgue
quand nos regards chauffards s’embrasent Fellini
toute seule dans tes veuleries
toute veule dans tes soûleries
et toi nue à toi seule et émue
ta vulve braillarde s’est tue
comme l’hirondelle l’orgie
qui pleurent encore des envies océanes
les heures s’hallucinent avant nous
et nous colorent mascara,
masque aura,
une caresse nous renverse et perverse
comme un lit d’ombres londoniennes
latex,
cigarettes et larmes larmes
que tu cries bercée de va et vin,
ton jouir en bonhomme de cire
Avant que ne meurent les leurres,
cette petite syncope atroce
dans ton œil et féroce et forte,
j’ai aimé tous tes contes très doux,
mais ne voyage fou, plus d’âmes aristos,
psychopathes et très haut,
Lequel de nous deux est plus mythe
que l’autre?
VI.
Tu es arrivée grandiose, rose,
dans une grande robe ample,
extraterrestre et verte,
et France,
danse, danse,
rose et noire et blanche.
VII.
Je ne sais pas qui je suis,
le sais-tu?
à peau d’âme nous avons joui à gorge déployée
ta mangue d’Ève qui tambourine
ambiance bass, baise,
qui tambourine,
derrière la buée de nos sueurs eucalyptus,
avec mon doigt j’ai tracé
ton nom,
sur ton corps avec mon doigt,
tous les noms du monde.
VIII.
La neige s’est fermée sur le temps,
peut-être que les cloches tonnent
les heures se vident sous l’or,
notre porte sauge,
après la rage
après c’était toujours plus fou.
